Alors la Chine, c'était comment ? Bah...
Moi j'vais t'dire, j'appréhendais un peu : on m'avait dit tu vas voir, les Chinois, ils parlent pas anglais, tu vas te galérer. Après le Laos (holidays so nice) et le Vietnam (stage intensif de tu-m'auras-pas-j'connais-les-prix), je devais pouvoir me débrouiller. D'abord retrouver Yacine, à Guilin. Le premier arrivé (lui d'Hong Kong, moi d'Hanoi) envoie un mail à l'autre et indique l'hôtel dégoté. Preum's, je t'épargne les détails de logistique, on s'est retrouvés, certes dans un hôtel à 70 yuans quand Yacine s'en était vu proposer un à 40, promis, je ferai mieux la prochaine fois. *Leçon n°1* Avant le départ, exerce-toi à "Dessiner c'est gagné" et au Memory. Une fois là-bas, toujours avoir un papier et un crayon dans sa poche, pour dessiner des bus, des trains, des flèches et des petits bonhommes, et repérer rapidement (hum hum) l'idéogramme qui veut dire "gare", "Kunming", "ravioli"... on a le droit de s'aider du Harrap's de poche. Au programme, le tour de la Chine en trois semaines (une partie de la Chine, quoi) en passant par le Yunnan, le Sichuan, Pékin, Shanghaï et retour à Hong Kong pour Yacine, à Hanoi pour moi (même si je veux pas y aller - c'est une autre histoire). Bon, tu vois, nous, notre périple, c'était le mieux du monde, on a vu des trucs que tu verras jamais, que personne n'a vu d'ailleurs, sauf si tu te sers du Lonely Planet ou du Guide du Routard, mais c'est assez rare je pense. On a vu le "Pic de la Beauté endormie" à Guilin, la montagne du "Garçon vénérant Bouddha" à Yangshuo, la "Porte du dragon" dans les Monts de l'Ouest à Kunming, les "Gorges du tigre bondissant" à Lijiang, la tête du "Grand Bouddha" à Leshan, l'"Armée enterrée Bingmayong" à Xi'an, le Temple du Ciel, la Cité interdite et le Palais d'Été à Pékin, la Grande Muraille à Simataï... (respire) *Leçon n°2* La nature ne présente d'intérêt que si elle semble représenter quelque chose. Exemple : dans cette grotte, voici "le mille-patte effrayé par le miroir magique"... Tout un poème. Mais rassure-toi, on n'a pas fait la Chine qu'à pied : on a aussi testé les 20 kilomètres à vélo - 30 secondes de tandem aussi, le tuk-tuk, le taxi qui connaît pas l'adresse, le bus à 1,5 yuans, le bateau qui tombe en panne, le strapontin de mini-bus, le car ambiance karaoké (avec un trou dans le toit juste au-dessus de ta tête, ça tombe bien il pleut), le "sleeping bus" qui te dépose à 4h du mat' au bord de l'autoroute ("Pingyao, c'est par-là, à quelques kilomètres. Pas trop lourds les sacs ?"), le train et sa radio qui hurle, le train-couchettes et ses noodle soups à aspirer bruyamment. Pour avoir des trucs d'aventurier à te raconter, on s'est galéré sur une interminable route en travaux à Lijiang (Yacine pourra t'épater encore plus : il est allé se perdre dans la forêt de la montagne, là-bas, alors que j'avais lâchement fait demi-tour quand il faisait encore jour - ouais mais j'avais froid, et faim, moi. Pis c'était tout nul. Si. Si j'te dis !), on a grimpé une échelle de la mort qui tue sous la pluie (ça glisse, c'est mieux), on nous a empêché d'aller au Mont Emeishan parce que vu le temps, c'était trop dangereux (zut alors, on aurait failli mourir), on a raté notre train à Chengdu, on a marché longtemps dans les zones en reconstruction de Pingyao, Yaciiine, j'en ai marre ! j'ai faim ! (suivre les conseils du Routard ici aurait été petit joueur il paraît), on n'a pas trouvé l'auberge de jeunesse à Pékin (en travaux pour les JO), on a parcouru un tronçon tout démoli de la Grande Muraille avec option escalade pour Yacine (je savais que ça te ferait plaisir de ne pas prendre le chemin le plus facile), on bravé l'inconnu en commandant "la même chose que le monsieur" au resto. *Leçon n°3* Ignore les plaintes d'une greluche qui a faim, qui a froid, qui veut aller là et qui a TOUJOURS raison. On a aussi fait de chouettes rencontres, des habitants du coin comme ce vieux monsieur qui nous a offert le thé (qui a dit douteux ?) à Xizhou, des touristes chinois comme Allan et Ella de Hong Kong avec qui on a goûté le traditionnel poisson à la bière de Yangshuo, des baroudeurs occidentaux comme Cyril de Montreuil et Guy de je sais plus où en Angleterre, "Michael" dans le train de Pékin vers Shanghaï, qui nous a (à peu près) aidés à trouver un hotel pas cher. Mais n'oublions pas que la Chine n'est pas dénuée de boulets, des gens sympas qui viennent vers nous pour parler, mais ne sachant dire que "Hello" et "Goodbye"... c'était vraiment très intéressant. D'autres moins agréables, qui nous prennent en photo à la dérobée - et soudain on comprend que ça doit pas être tous les jours facile d'être une star. Et ceux qui nous suivent dans l'espoir d'attiser notre envie de leur acheter quelque chose, 'y a des baffes qui se perdent (pardon). *Leçon n°4* Ne te promène pas avec un grand énergumène chevelu, barbu et avec de grands yeux, c'est pas très discret. Arrivés à Shanghaï, on a dû se séparer plus tôt que prévu, question d'horaires de train, alors tandis que Yacine partait retrouver sa Môman à Hong Kong, je suis restée quelques jours à Shanghaï, avant de rendre visite à mon cousin à Xiamen, un saut à Hanoi, et retour à la maison. Alors la Chine, c'était comment ? Bah...
Il faudra que j'y retourne :)
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